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Badeli

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From India

Situé au nord ouest de l'Inde, à la frontière du Pakistan, le Rajasthan fut durant de nombreux siècles une terre de mécénat du fait de la puissance et de la richesse de ses Rajas (prince). Les plus grands artistes de l'Inde du Nord se sont croisés au Rajasthan, tant dans les domaines de la musique, de la danse et de la poésie que de l'architecture. Esthètes et éclairés (dans le domaine des arts, non des visions sociales), les Rajas entretenaient des cours gigantesques, permettant aux artistes de porter leur science vers toujours plus de finesse et d'émotions.

Les membres de Badeli, emmené par Amanat Ali Kawa, viennent d'une famille de musiciens classiques qui furent longtemps au service du Maharaja de Jaïpur. Leur généalogie est marquée de grands noms des musiques classiques hindoustanies (dhrupad ou khayal). Ainsi, leur arrière-grand-père Ustad Molabagas Daosi, dont la voix était réputé dans toute l'Inde du Nord jusqu'au Golfe du Bengale.Il devint, après avoir transporté son auditoire, professeur de chant attitré de la famille royale. Ou bien le père et gourou d'Amanat, Ustad Abdul Gafoor Kawa, danseur, tabliste, sitariste mais surtout (et c'est plus particulièrement pour cela qu'il fut connu) chanteur. Disciple du génie qui révolutionna le chant classique hindoustani, Ustad Amir Khan Sahb, il enregistra avec les grands noms de son temps (Ustad Amir Khan Sahb, Ustad Kader Khan, Pandit Jiwan Lal Mantu ou Pandit Bishem Joshi). Chanteur de la All India Radio de Delhi, il enseigna aussi à l'Université de Boston, puis de Amsterdam.

Diplômé de l'Université de Jaïpur en musicologie (il est sorti major de promotion et prépare une thèse sur Ustad Vilayat Khan Sahb et l'Itawa Gharana), professeur de sitar, Amanat Ali a aussi reçu l'enseignement traditionnel de ses frères aînés, et surtout de son père et premier gourou (depuis le décès de celui-ci en 1998, il est le disciple d'Ustad Shahid Parvez). Il a ainsi appris des centaines de compositions rajasthanies et semi-classiques, comme les bhajans, chants dévotionnels hindous, qui content les épopées des dieux (Krishna dans la Bhagavad Gita, Ram, Ganesha le dieu éléphant…). Les chansons présentées en concert viennent toutes de ce riche héritage paternel. Elles étaient chantées autrefois à la cour du Raja, mais aussi lors de certaines fêtes populaires ou des mariages.

D'une approche moins austère qu'un raga classique, certaines de ces chansons n'en procurent pas moins une grande paix intérieure. En effet, Amanat Ali a réarrangé toutes ces chansons, modifiant parfois la mélodie en en limant certains aspects rugueux que l'on peut rencontrer dans la tradition populaire.
Venant d'une famille de musiciens classiques, son interprétation est aussi tout à fait différente de celles, folkloriques, que l'on peut entendre généralement. Là, le propos n'est pas dans la force vocale, mais dans la nuance et la subtilité. Les notes ne sont pas chantées brutes et droites mais amenées par de légères altérations. C'est ainsi aussi que les arrangements (sitar et harmonium) ont été pensés.
Particulièrement touchantes par leur poésie, la beauté des histoires racontées , elles enseignent des valeurs essentielles de la vie par des contes populaires à tendance philosophique, témoignent de la rude vie des gens du désert, la joie de la pluie revenue (Badeli). Mais surtout, ces chansons chantent la beauté du Rajasthan. Tous les Rajasthanis amoureux de leur pays…
En concert, Amanat est accompagné de son frère aîné, Ishak Ali Kawa, maitre du sitar qui a donné des concerts un peu partout en Europe, au Moyen Orient comme en Inde. Il a aussi joué avec des groupes européens comme Lo'Jo (deux albums) et sorti un album en 2003 de sitar classique.

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